Skate fripes

Les fringues et les fripes ont investi le Hangar Darwin, temple du skate (Photo A.C)

Ils fouinent dans les placards pour se saper : vestes en grosse laine trop amples pour leurs bustes gringalets, pantalons trop courts pour leurs fins mollets, bottines et godillots à souhait. Des sacs en cuirs qui pendouillent et abritent les quelques centimes à débourser. Et des lunettes immenses pour mieux chiner.

La fripe et les fripeurs avaient pris leurs quartiers ce weekend dans le Hangar Darwin de l’ancienne caserne Niel. Il faut dire qu’ici, le tarmac voit d’ordinaire virevolter les planches des skateurs. Pas franchement girly. Justement, c’est le concept. Mettre des nanas -oui, les nanas se déplacent plus que les mecs pour ce genre d’événement- et des fringues dans un lieu improbable. Emmanuelle Devriendt et Valérie Quinio, les organisatrices du Vide-dressing et créatrices d’Instants bordelais expliquent :

Valérie et Emmanuelle, les deux organisatrices (Photo M.B)

« L’idée est de choisir des lieux qui ont une âme. On a déjà fait un vide-dressing au Garage moderne, dans une galerie d’artistes à Bègles… Pour cette sixième édition en trois ans on a voulu revenir au hangar Darwin. Ça avait super bien marché l’an dernier et puis on ne revient pas à 100% au même endroit, des rampes ont poussé depuis. »

La skate fripe par excellence (Photo M.B)

L’endroit se transforme et elles s’en emparent. Elles le mettent à disposition des 85 exposants -créateurs et particuliers- qui s’installent pour deux jours.

Déjà le vendredi soir, Ihab débarque et habille la rampe. Blanc bonnet et chemise à carreaux ouverte sur un tee-shirt au col incroyablement grand, il va bientôt ouvrir un magasin fripes/créations/brocante avec sa « chérie », Edith, bonnet blanc et minois entouré de boucles rousses. Leur stand est plutôt bien fichu. Un patchwork de couvertures bariolées dégringole de la pente en bois, un enchevêtrement de vieux postes de radio se fond dans les tissus colorés… très vintage, très tendance. Les loupiotes agrémentent le bric à braque.

Lumière s’il vous plait !

 

Ambiance lounge (Photo A.C)

Noir. Le samedi l’électricité pète un plomb et c’est l’exposant qui disjoncte. Pas assez de watts et trop d’ampoules. Ihab, en début de soirée, rebranche toutes les cinq minutes son groupe électrogène :

Et en effet, « les filles se sont cassé la tête ». Le dimanche la lumière était là, prête à guider les clients dans leurs achats. Heureusement, car chiner dans la pénombre, pas top. Et puis à 77 euros le weekend pour les exposants particuliers et 152 euros pour les créateurs, ça fait cher le stand lounge.

En parlant d’ambiance feutrée, la musique a bercé la foule durant tout le weekend. Loin des décibels assourdissants de certains grands magasins, la playlist spéciale vide-dressing concoctée par le designer sonore Pon Pom a été particulièrement appréciée des chineurs.

Les petits skateurs un peu déçus (Photo M.B)

Et c’est aussi pour ça que les skateurs étaient invités à glisser ailleurs. « On aurait pu leur laisser le bol de libre mais ça aurait été trop bruyant », regrette un peu Valérie Quinio qui aurait voulu vraiment lier skate et fringues.

D’ailleurs au détour d’un portant, Florian, Alexandre, Octave et Emma, entre 12 et 13 ans, le skate à la main, repartent déçus.

« C’est pas un vide-greniers »

Mais bon. Ce n’est qu’un weekend. Et c’est aussi ça le hangar. Mêler les genres et les cultures même si cet événement était « totalement dans la tendance bobo, chic et décalée », comme le qualifie Emmanuelle Devriendt.

Dommage que dans cette bonne ambiance et entre deux bols de soupe fait maison par Myrtille et Tiphaine, certains n’aient pas joué le jeu comme l’explique Charlotte qui, avec ses deux copines, s’est fait voler une vingtaine d’articles dans son stand :

"On est en mode radar" (Photo M.B)

« On est en mode radar, on vend déjà bien en dessous du prix auquel on a acheté, alors faire ça c’est pas cool, je deviens zinzin mais je vais pas fouiller tous les sacs »

Il faut dire que les clients payaient deux euros à l’entrée. « C’est pas un vide grenier », rappellent les organisatrices qui ne font pas non plus ça pour la gloire. « C’est toute une organisation et puis il y a plein de stands gratuits avec massages et autres propositions bien-être faites par « le petit entrepôt ». »
Au final, 2500 visiteurs. Et pourtant il pleuvait.


Manon Barthélémy, Clémence Bohême & Audrey Chabal / BastideBrazzaBlog

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