Le handibasket victime de ses finances

Le handisport a un prix. Plutôt élevé pour les Léopards de Guyenne, un des trois clubs de handibasket de Bordeaux.

Salle Promis, les Léopards de Gueynne s'entraînent deux fois par semaine pour maintenir leur place dans l'élite du basket handisport. (Photo : C. L.)

Le handibasket coûte cher aux sportifs

Pascal Zordan s’insurge : « Cette année on est 25e européen. Au mois de mars, nous allons en Suisse pour les phases préliminaires, c’est un budget ! ». En première division, le club de handibasket, les Léopards de Guyenne et les sportifs financent eux-mêmes leurs nombreux déplacements à travers la France et à l’étranger. Mais ils doivent aussi financer leurs équipements. Les fauteuils coûtent entre 4000 et 6000 euros.

Le club se débrouille par ses propres moyens pour en acheter: « On récupère des bouchons en plastique. Pour avoir 4000€, il nous en faut presque 50 tonnes. Tous les trois ans, on arrive à avoir un fauteuil », explique Luc Daniel-Lacombre, le coach des Léopards. Pascal Zordan vient de dépenser plus de 5000 euros pour un nouveau fauteuil : « Heureusement que j’ai une bonne couverture sociale, une bonne mutuelle, sinon je resterais chez moi quand je ne travaille pas ».

Peu d’entreprises financent le handisport


Le comité régional handisport Aquitaine, une association à but non lucratif aide les clubs à se procurer des équipements ou leur en prête. Depuis plus de deux ans, le comité essaye de trouver des sponsors. Le directeur Dominique Nadalié, préfère parler de « partenariats avec des entreprises ».

Le comité propose une prestation de « sensibilisation au handicap » aux entreprises de la région. Quick a participé à ce service, lors de sa convention annuelle des managers du sud-ouest, sur le thème de la diversité.  Dans un gymnase, des joueurs, comme Philippe Chappuis, des Léopards, ont entraînés les salariés à manier le fauteuil.

« Cela permet de faire comprendre aux employés les difficultés rencontrées par des handicapés dans la vie d’entreprise mais aussi de faire un travail sur l’embauche de nos sportifs en entreprise », affirme Dominique Nadalié, le président du comité régional handisport. Le Crédit Agricole et Cdiscount ont déjà embauché des handi-sportifs venant d’Aquitaine à la suite de ces actions.Les journées de sensibilisation sont facturées de 4000 à 8000 euros par le comité. C’est une des sources d’approvisionnement de leur budget de 300 000 euros par an.

Aux Léopards, trouver des entreprises pour suivre le club est un combat : « J’ai écrit des lettres à Kice Motors, à la BNP, mais ils préfèrent ne pas nous sponsoriser, ils n’y voient pas de retour sur investissement », explique l’entraineur des Léopards, Luc Daniel-Lacombe

Et les subventions sont dérisoires


Le club de handibasket a reçu 13 000 euros de la mairie de Bordeaux en 2012. Bien peu en comparaison des JSA, l’homologue des Léopards chez les valides, qui ont touché cette année une subvention de 333000 euros.
« La politique de Bordeaux est de donner uniquement aux clubs qui ont une école de formation, mais pour les Léopards, qui n’en ont pas en leur sein, on a fait une exception car ils sont en première division », explique Arielle Piazza, adjointe au maire et chargée des sports.

Clément Lannuque & Sophie Boutboul / BastideBrazzaBlog

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