Le handibasket se joue des handicaps

Pascal Zorcan, 38 ans, est arrière au club de basket handisport « Les Léopards de Guyenne » depuis la saison 2004/2005.

Pascal, joueur au club des Léopards depuis 2004.

Comment vous êtes-vous rapproché du Handisport?
J’ai eu un accident en moto le 25 novembre 2003. Moins d’un an après mon accident, quand j’étais en rééducation, un représentant médical est venu pour faire tester le handisport aux personnes du centre. C’était pour « chercher du client » – c’est méchant d’utiliser l’expression, mais c’est le cas. Je faisais de la pelote basque en tant que valide. Ce sport me vaut d’ailleurs ma situation en fauteuil : lors de mon accident en moto, j’avais un sac a dos contenant des raquettes de pelotes basques. Ce sont elles qui m’ont abîmé la colonne vertébrale et qui m’ont rendu paraplégique.

Quelle importance donnez-vous à la pratique d’un sport aujourd’hui?
C’est primordial. C’était plus simple pour moi de reprendre vu que j’étais sportif avant mon accident. Pour pouvoir encaisser tous les transferts de la vie quotidienne, rien que pour se lever le matin, c’est essentiel. Moi, j’ai 80 kilos à soulever, quand tu n’es pas bien réveillé, ce n’est pas facile! En rééducation, avec un ami du même « millésime » que moi, on avait sollicité la direction pour promouvoir le handisport en montant une équipe au centre. Nous voulions que les jeunes en fin de séjour puissent l’intégrer et se familiariser à nouveau avec la vie extérieure et  les déplacements. Mais  sans mauvais jeu de mots, on nous a mis des bâtons dans les roues! Ils ont estimé que le sport ne faisait pas partie de la rééducation.

Le handisport n’a t-il que des avantages?
Non, il faut aussi savoir se préserver. Dans l’équipe, il y a un des sportifs qui ne jouera pas cette année car il va se faire opérer des épaules. Le fauteuil au quotidien cause déjà des désagréments, mais en plus avec l’activité sportive du basket ça abime les épaules. Sur tous ceux qui ont fait du handibasket en compétition, il y en a beaucoup qui arrêtent pour raisons médicales et pas par souhait, car cela accentue, par exemple, les problèmes de circulation. 

Pourtant vous pratiquez le basket fauteuil à haut niveau, qu’est-ce qui vous a séduit dans ce sport?
C’est l’aspect communautaire, l’esprit d’équipe. Le fait que toutes les pathologies se côtoient fait relativiser : quand tu joues avec quelqu’un qui est amputé des quatre membres, qui manie la balle et met des paniers, c’est une leçon de vie.

Quel est votre rôle au comité handisport régional?
Je m’y suis investi pour essayer de faire avancer les choses. Je suis bénévole. Je participe à l’organisation d’événements en amont et je suis aussi sur le terrain quand je ne travaille pas, car je suis coordinateur d’activités à mi-temps chez un fabricant d’horodateurs.
Une des missions du comité est de faire connaitre le handisport. On participe à confort expo, en novembre, par exemple. Le but est de montrer aux personnes handicapées ce que le sport peut leur apporter. Avec le comité, nous voulons aussi intégrer le handisport au niveau des clubs destinés aux valides.

Propos recueillis par Clément Lannuque & Sophie Boutboul / BastideBrazzaBlog

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